Séminaire  "Penser les vieillesses"

Des vieillesses singulières


Nos séminaires "Penser les vieillesses" s'adressent aux chercheurs, aux enseignants, aux étudiants, aux citoyens ainsi qu'à tout professionnel concerné par les vieillesses et l'avancée en âge des personnes. L'intitulé du thème retenu pour l'année 2019 est : "Des vieillesses singulières". Entrée libre. Bienvenue à tous.





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Ce séminaire est organisé avec l'appui de la COCOF et de la Wallonie.


Prochains rendez-vous 2020

30 avril - Lucie Delias

Faire des rencontres amoureuses en ligne à la retraite : vers une remise en question des normes d’âge et de genre ?

 

4 juin - Simon Lemaire

Continuer à prendre part : vers une  ethnographie de la participation dementia-friendly

 

Arrière-grands-parents : un nouveau rôle familial à l'âge avancé ?

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Veronika KUSHTANINA, sociologue

LASA-UBFC, Université de Franche-Comté, Besançon

 

Discutante : Marie-Thérèse CASMAN, sociologue, ULiège

 

Mardi 10 mars 2020 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Entrée libre

 

 

Résumé

 

Si quasiment une famille française sur 4 est constituée d’au moins 4 générations, on sait peu sur les liens entre la génération des aîné-e-s et la plus jeune. Dans les années 1990, les chercheurs observaient une absence de rôle spécifique des arrière-grands-parents due à un « écart d’âge extrême » (Cherlin, Furstenberg, 1992, p. 92) et accentuée par le fait que la place de grands-parents soit déjà occupée par leurs enfants (Attias-Donfut, Segalen, 1997).

Dans un contexte démographique (allongement de l’espérance de vie) et social (recul de l’âge de la retraite) changé, ma recherche exploratoire vise à comprendre la place des arrière-grands-parents à travers deux dimensions – la fréquence des contacts et les liens subjectifs. La figure distante (peu fréquentée et peu significative pour la plus jeune génération) s’oppose ici à une figure d’affection et de proximité. Les effets structurels (notamment l’indisponibilité de la génération des grands-parents), les effets croisés des âges d’accès au statut d’arrière-grand-parent avec le genre et le milieu social sont mobilisés pour comprendre ce clivage. Enfin, j’analyse comment «l’épreuve du grand âge » (Cadarec, 2009) intervient dans les relations des arrière-grands-parents avec les arrière-petits-enfants.

 

 


La retraite : une cause d'engagement ?

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Alexandre LAMBELET, docteur en sciences politiques

Réseau AVIF, Haute Ecole de Travail social et de la Santé, Lausanne

 

Discutant : Esteban MARTINEZ, sociologue, METICES, ULB

 

Lundi 10 février 2020 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Une séance coorganisée avec le centre METICES, ULB

 

Entrée libre

 

 

Résumé

 

Des retraitées et des retraités, réunis en différentes organisations de défense de leurs intérêts, se manifestent régulièrement dans l’espace public : ils s’adressent aux pouvoirs publics, participent à des manifestations ou mettent sur pied ou soutiennent des comités référendaires. Ils organisent aussi différentes activités de loisirs à l’intention de leurs membres.  Qui sont ces retraitées et ces retraités qui s’engagent dans ces organisations et que défendent-ils ? Dans une perspective de sociologie du militantisme et des mobilisations, sur la base d’un travail d’archive, d’entretiens avec des militant-e-s, et d’observations menées auprès de telles organisations en Suisse, cette présentation visera à mettre au jour la réalité d’un développement associatif particulier, qui questionne la place que les retraité.e.s peuvent et veulent occuper dans la société.

 

 


Les temporalités de la vieillesse en prison. Une ethnographie de l'invisible

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En complément, une lecture ...

 

CHASSAGNE A., 2019, Soins et prison. Enquête auprès de détenus gravement malades, Toulouse, Erès, coll. Trajets.


Séminaire reprogrammé

 

Aline CHASSAGNE, sociologue

LASA, Université Bourgogne Franche Comté et CIC-CHRU Besançon

 

Discutante : Stephanie LINCHET, sociologue, CARE ESPRIT, ULiège

 

Mardi 14 janvier 2020 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Entrée libre

 

 

Résumé

 

Au cours des trois dernières décennies, la part des personnes détenues âgées dans de nombreux pays d’Europe a augmenté. Ainsi, les prisons qui étaient jusqu’alors composées majoritairement d’individus de moins de 30 ans ont vu leur part de seniors s’accroître. Cette tendance à enfermer plus fréquemment les « vieux » vient bouleverser nos représentations de la vieillesse.

 

À partir d’un ancrage empirique constitué de nombreuses observations et d’entretiens réalisés auprès de détenus âgés et d’une diversité de professionnels, un focus sur

la question du vieillissement en prison met en évidence des expériences hétérogènes. La démarche concerne la manière dont les détenus âgés eux-mêmes, les professionnels de la surveillance et des soins tentent d'articuler leurs activités autour de la prise en charge d’un public vieillissant.  Plusieurs expériences du vieillissement en prison seront exposées à partir de portraits.

 

Contraintes spatiales et temporelles, qualification des personnes, des objets, des lieux et des rythmes sont au cœur de cette ethnographie de l’invisible qui tente de rendre compte de la diversité des mondes entremêlés. Trois points saillants issus de l’analyse des temporalités de la vieillesse en prison seront développés : les difficultés de s’ajuster au rythme carcéral, la présence d’un temps vide et la modification de l’horizon temporel. L’analyse apporte des éléments de compréhension de l’expérience du vieillissement, en ce qu’elle bouscule les objectifs attribués à la peine et le sens de la justice. Cette double épreuve interroge en filigrane les représentations habituelles de la vieillesse.


Vieillir au féminin pluriel. Parcours de femmes immigrées âgées en France

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Julie LEBLANC, anthropologue

LADEC, Université Lumière Lyon 2

 

Discutante : Nouria OUALI, sociologue, METICES, ULB, Bruxelles

 

Mardi 12 novembre 2019 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Entrée libre

 

Résumé

 

L’illusion collective a longtemps fait penser l’immigration comme « provisoire » [Sayad, 2006] et uniquement liée au travail masculin. Dans ce contexte, la problématique du vieillissement des personnes immigrées a tardé à émerger [Attias-Donfut, 2006]. De plus, si les travaux pionniers sur la question ont porté la focale sur les hommes isolés vivant dans les foyers, les femmes sont quant à elles restées « en arrière-plan » [Laacher, 2014]. Le fait qu’elles s’inscrivent à l’intersection des rapports de sexe, d’âge, de classe et d'ethnicité renforcent cette invisibilité y compris au sein des recherches. Cette communication s'appuiera sur deux ethnographies, l'une menée en périphérie de l'agglomération lyonnaise et l'autre dans le centre-ville de Marseille, avec des femmes d'origines maghrébine mais aussi ivoirienne et sénégalaise âgées de 60 à 80 ans. Julie Leblanc tentera de dégager les processus engendrant l'invisibilité de ces femmes au sein des recherches mais aussi des espaces urbains concernés. Ceci en questionnant le traitement historique de l'immigration en France, les parcours de ces femmes à leur arrivée dans ce pays souvent dans les années 1950 mais aussi aujourd'hui, en interrogeant leurs mobilités et modes de sociabilité dans la ville. Cette approche aidera ainsi à dépasser une vision souvent culturaliste adoptée au sujet de ces femmes vues fréquemment comme gardiennes d'une dite "culture d'origine", pour montrer la diversité et la dynamique des parcours migratoires, de vies et de vieillesses que recouvre la catégorisation "migrantes âgées".


L'identité gay plus facile à vivre à 60 qu'à 20 ans ?

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Régis SCHLAGDENHAUFFEN, sociologue

IRIS, LABEX EHNE, EHESS, Paris

 

Discutant : David PATERNOTTE, sociologue, STRIGES, ULB, Bruxelles

 

Mardi 22 octobre 2019 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Entrée libre

 

Résumé

 

La question du “bien vieillir” se décline de nos jours de façon différenciée et singulière dans certains milieux sociaux. Entre autres, elle semble se poser de manière particulière pour les personnes LGBTI même si, ces dernières années, les modèles du vieillissement LGBT ont changé. D'une part en raison d'une plus grande acceptation de l’homosexualité comme mode de vie ; d’autre part en raison d’une plus grande sociabilité homosexuelle des personnes âgées favorisée par les réseaux sociaux et l’Internet. Les recherches récentes menées sur les hommes gays et bisexuels montrent que pour bon nombre d’homosexuels âgés, vivre son identité gay s’avère plus aisée maintenant que durant leur jeunesse. Néanmoins, la question de l’homophobie reste présente, notamment lorsque vieillissement et institutionnalisation vont de pair. 

 

Une collaboration STRIGES, Atelier Genre(s) et Sexualité(s), CDCS


En complément, une lecture

« Aux sources d’un droit de l’homosexualité », in Marie Cornu et al. (dir.), Les Archives et la genèse des lois, Paris, L’Harmattan, 2016, p. 237-54


Expériences de vieillissements en collectif agricole autogéré. Enjeux individuels et collectifs

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En complément, une lecture

 

Sociograph 39, 2018, Expériences de vieillissements en collectif agricole autogéré. Enjeux individuels et collectifs, Elena Rocco.

 


Elena ROCCO, sociologue

UNIGE, Genève

 

Discutant : Jacques MORIAU, sociologue, METICES, ULB, Bruxelles

 

Mardi 21 mai 2019 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Entrée libre

 

 

Résumé

 

« Lou Camin »* est un collectif agricole autogéré fondé il y a plus de 40 ans par une bande de jeunes issus de la génération de mai 68 et militant pour la jeunesse. Ces « néoruraux », pour la plupart, ont investi leur vie entière dans une Utopie économique, sociale et politique. Aujourd’hui, environ la moitié de ses habitant.e.s (une centaine au total) est âgée de 40 à 70 ans. Dans un contexte aussi spécifique, comment est pensée collectivement et vécue individuellement l’avancée en âge d’une part importante de la communauté ?

L’histoire de plusieurs décennies de « Lou Camin » nous permet d’étudier à la fois son évolution dans le temps en tant que groupe, et l’expérience individuelle de vieillissement d’une partie de ses membres.

Après s’être attaché à décrire les enjeux de la « vieillesse » comme construction sociale propre au collectif, ainsi que ceux liés aux relations inter-générationnelles, nous nous pencherons sur le concept d’« épreuve » (Martucelli, 2006) comme outil d’analyse de l’expérience de vieillissement (Caradec, 2012). 

 

* Nom d’emprunt


La montagne : un laboratoire grandeur nature d’une vie quotidienne à réinventer par les aînés et leurs aidants

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Florent CHOLAT, sociologue et géographe

LabEx ITEM, Projet VIVEHab, Laboratoire Pacte, Université Grenoble Alpes

Département de sociologie et recherche sociale, Università Milano Bicocca

 

Discutant : Pierre LANNOY, sociologue, METICES, ULB, Bruxelles

 

Mardi 19 mars 2019 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Entrée libre

 

 

Résumé

 

La montagne, entre contraintes de la pente et opportunités des vallées, est un objet particulier duquel nous avons beaucoup à apprendre. Déjà davantage vulnérables vis-à-vis du changement climatique, les Alpes subissent également les pulsations des saisons qui en font varier la population, les services ou encore l’accessibilité. 

 

Dans ce contexte, assurer le « bien-vieillir » des populations les plus fragiles est un défi complexe et un enjeu fort de pérennisation de l’ « Habiter la montagne » pour toutes et tous. Entre les adaptations individuelles, collectives et les politiques publiques, cette présentation s’attachera à détailler comment l’on vieillit dans les Alpes françaises et italiennes et ce que cela nous apprend sur la soutenabilité sociale, économique et environnementale de ces systèmes face aux évolutions contemporaines des territoires.

 


Oublier des choses. L'expérience sociale de la maladie d'Alzheimer

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En complément, une lecture ...

 

BROSSARD B., 2017, Oublier des choses. Ce que vivent les malades d'Alzheimer, Paris, Alma Editeur.


Baptiste BROSSARD, sociologue, School of Sociology, The Australian National University, Canberra

 

Discutant : Simon LEMAIRE, sociologue, Transitions, UNamur

 

Lundi 4 février 2019 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Entrée libre

 

 

Résumé

 

À partir du moment où une personne est soupçonnée souffrir de démence, les interactions à son égard se modifient progressivement. Cette transformation est au cœur de la recherche menée par Baptiste Brossard pendant cinq ans, en France et au Québec, à partir d’un travail de terrain fondé sur l'observation de « consultations mémoire », de centres d'hébergement ainsi que sur des entretiens ethnographiques avec des patients, des proches et des professionnels.

Baptiste Brossard propose de conceptualiser la maladie d'Alzheimer comme transformation de l'ordre des interactions, au prisme de quatre processus récurrents.

D’une part, face à des troubles identifiés peu à peu comme des symptômes, un réseau d’aide se déploie autour des personnes, ce qui conduit à redéfinir les relations auxquelles elles ont accès. D’autre part, l’interprétation par les professionnels et les proches de certains de leurs comportements en tant que symptômes mène ces personnes à se voir retirer, peu à peu, leur crédibilité lors des interactions ordinaires. De plus, les comportements de « déférence » à l’égard des personnes diagnostiquées se modifient également. Enfin, surtout lorsque leur proche arrive aux stades les plus avancés de la maladie, les membres de l’entourage (familial et professionnel) procèdent à des « activités de reconstitution », visant à simuler ce que serait l'interaction sans la maladie.

L’analyse de ces quatre processus relationnels permet de reformuler certaines questions éthiques posées par la maladie d'Alzheimer de façon sociologique, interrogeant le monde social dans son ensemble.