Programme 2020 et 2021 (13è année)

Toujours bien là ! Résistance, engagement, plaisir

Ce séminaire a été organisé avec l'appui de la COCOF 


Vieillir et faire avec son logement. Tactiques, stratégies, expériences

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PLV13 - 21 06 10 - Chamahian-Petite
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Aline CHAMAHIAN et Ségolène PETITE, sociologues, CeRIES (Centre de recherche «Individus Épreuves Sociétés»), Université de Lille

 

Discutante : Sylvie CARBONNELLE, socio-anthropologue, CDCS et METICES, ULB

 

Jeudi 10 juin 2021 de 12 à 14 heures 

En visioconférence, gratuit et sur inscription

A la suite de votre inscription, vous recevrez un e-mail de confirmation contenant les instructions pour rejoindre la réunion.


Résumé

Depuis le milieu des années 1960 en France, les politiques de la vieillesse se sont construites autour de la nécessité du maintien à domicile des personnes âgées. Les modalités pratiques de ce maintien ont, d’abord et surtout, été pensées en termes de services aux personnes, négligeant quelque peu le logement en tant que tel, en particulier les questions posées par son aménagement ou réaménagement. Ce n’est qu’au cours des années 2000 qu’on observe une prise de conscience politique insistant sur l’adaptation des logements à une population vieillissante. C’est alors que tout un ensemble de travaux voit le jour interrogeant par exemple la façon dont les personnes âgées vivent dans leur logement, l’adaptent et l’aménagent, construisent leur trajectoire et leur mobilité résidentielle, etc. 

Deux des recherches d'Aline Chamahian et Ségolène Petite s’inscrivent dans ce cadre. La première enquête, menée en 2010, explorait les manières de vivre le vieillissement à domicile pour des personnes âgées de 75 ans et plus, en questionnant l’usage ou le non-usage des dispositifs techniques et les transformations effectuées au sein de leur logement pour faire face aux effets du vieillissement. Cette enquête regardait également la situation et le rôle des proches aidants vis-à-vis de ces aménagements. La seconde enquête, réalisée entre 2015 et 2016, examinait comment les propriétaires de leur logement, à l’aube de la retraite ou jeunes retraités, envisageaient leur vie dans ce logement, y projetaient leur vieillesse et anticipaient leur vieillissement. 

Leur présentation vise à proposer une synthèse de ces recherches, en questionnant les processus adaptatifs à partir desquels les personnes âgées vivent leur vieillissement dans leur logement. Elle s’appuie sur l’hypothèse que les expériences plurielles du vieillissement, couplées à l’âge et à la position dans la trajectoire de vie, ont des effets sur la façon dont les personnes vieillissantes construisent leur vie dans leur domicile. Selon que les personnes se considèrent vieilles ou qu’elles placent la vieillesse comme un horizon à venir, selon qu’elles cherchent ou non à conserver des prises sur leur vie et leur environnement, les postures face au logement seront différentes. C’est ainsi que pour certaines, on observe la formation de tactiques pour faire avec son vieillissement, se débrouiller avec son environnement, et qui conduisent à élaborer au coup par coup des réponses appropriées aux difficultés qui adviennent. Pour d’autres, il s’agit davantage de mettre en place de véritables stratégies résidentielles – prises en tension entre rester ou partir – afin de modeler son logement pour qu’il soit en phase avec sa situation personnelle, professionnelle, familiale et ses projets de vie. 


Penser l'autonomie par l'entraide : un projet de recherche-action-participative (RAP) sur l'habiter et le vieillir

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PLV13 - 21 04 20 - Labit
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Anne LABIT, sociologue, Université d'Orléans - UMR CITERES/CNRS & Université de Tours

 

Discutant : Thomas DAWANCE, sociologue et architecte, Cosmopolis & Belgian Ageing Studies, Vrije Universiteit Brussel

 

Mardi 20 avril 2021 de 12 à 14 heures 

En visioconférence, gratuit et sur inscription


Résumé

L’habitat participatif connaît un fort développement en Europe, en particulier en France, depuis les années 2000. On compterait aujourd’hui plus d’un millier de projets aboutis, d’après le mouvement Habitat Participatif France, tandis que le nombre de collectifs en phase de montage ou d’émergence ne peut plus être évalué. La loi du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) est venue donner une forme de reconnaissance à l’habitat participatif, tandis que les médias, en multipliant les reportages sur ce sujet, ont permis qu’il soit de mieux en mieux connu du grand public. De nouveaux partenaires : élus locaux, bailleurs sociaux, associations… se saisissent du sujet et initient ce type de projets, transformant ainsi la démarche initiale - «ascendante» ou portée par les habitants eux-mêmes - en une démarche plus «descendante», mais qui se doit d’intégrer les habitants le plus tôt et le plus largement possibles. De fait, l’habitat participatif semble répondre à de nombreux enjeux actuels,  écologiques (écoconstruction, jardin partagé, mutualisation d’équipements…) aussi bien que sociaux. Etre impliqué en tant qu’usager dans la conception d’un habitat adapté à ses besoins et retrouver un lien de voisinage de qualité, sont quelques-unes des caractéristiques de l’habitat participatif, qui intéressent tout particulièrement les personnes ayant atteint ou approchant l’âge de la retraite. L’habitat participatif, en comportant à la fois des logements indépendants et des espaces communs, en permettant un lien social choisi et le respect de la vie privée, apparaît comme une alternative essentielle dans le champ en plein développement de l’ « habitat senior », dont la palette ne cesse de s’étoffer entre vieillir à domicile et institution médicalisée. 

 

Les projets d’habitat participatif initiés par des personnes vieillissantes doivent-ils être spécifiques du point de vue de leur gouvernance (comment par exemple permettre la participation des personnes souffrant de troubles cognitifs à la prise de décision) ? Ces projets doivent-ils être spécifiques du point de vue de leur statut juridique (quel équilibre trouver entre préservation des intérêts individuels ou familiaux et préservation de la dynamique collective du projet dans la durée) ? Est-ce possible de vieillir en habitat participatif jusqu’au bout de la vie ? Jusqu’où peut aller l’entraide entre voisins ? Comment peut-elle s’articuler avec des aides professionnelles ? Les questions sont multiples et nécessitent la mise en œuvre de méthodologies de recherche alternatives, qui associent tous les acteurs de cette innovation sociale majeure. Nous proposons ici de rendre compte d’une recherche-action-participative en cours, menée sur six terrains de recherche représentant six projets d’habitat participatifs intégrant la question du vieillissement, réalisés ou en cours de montage. Cette recherche associe des chercheur·es universitaires (sociologie, géographie, aménagement et urbanisme), des habitant·es ou futur·es habitant·es de ces projets, ainsi que des membres actifs de l’association Hal’âge qui milite pour  le développement de ce type de projets en France. 


Continuer à prendre part : vers une ethnographie de la participation "dementia-friendly"

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PLV13 - 20 10 09 - Lemaire
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Bibliographie 

 

Akrich, M., & Rabeharisoa, V. (2012). "L'expertise profane dans les associations de patients, un outil de démocratie sanitaire". Santé publique, 24(1), 69-74.

Berger, M. (2018). "S’inviter dans l’espace public. La participation comme épreuve de venue et de réception". SociologieS 

Brossard, B. (2017). Oublier des choses. Paris, Alma éditeur.

Carbonnelle, S., Casini, A.& Klein, O. (2009). Les représentations sociales de la démence: de l'alarmisme vers une image plus nuancée: une perspective socio-anthropologique et psychosociale. Bruxelles, Fondation Roi Baudouin.

Cefaï, D., Carrel, M., Talpin, J., Eliasoph, N., & Lichterman, P. (2012). "Ethnographies de la participation". Participations, (3), 7-48.

Rigaux, N. (1998). Le pari du sens. Une nouvelle éthique de la relation avec les patients âgés déments. Paris, Seuil.

Zask, J. (2011). Participer. Essai sur les formes démocratiques de la participation. Lormont, Le Bord de l’eau. 


Simon LEMAIRE, sociologue, Transitions, UNamur 

 

Discutant : Cesar MEURIS, philosophe et bioéthicien, Haute Ecole Robert Schuman, Libramont  

 

Vendredi 9 octobre 2020 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Conditions d'accès : elles sont mises à jour en fonction de l'évolution de la crise de la Covid19 et des consignes sanitaires du moment

Résumé

 

L'orateur propose de présenter les dispositifs participatifs qu'il a eu l’occasion de suivre dans le cadre de sa recherche doctorale, ainsi que de mettre en avant les arrangements interactionnels de ces espaces, tout comme leurs volontés en termes de résilience et participation. Et ce, dans le cadre de l'accompagnement de plusieurs groupes de personnes concernées directement, ou en tant que proches, par la maladie d’Alzheimer (et démences apparentées)* en Belgique, en France et en Angleterre. Ces groupes d’échanges, s’ils varient en taille, composition et dynamique, ont tous comme point commun la volonté d’une prise en considération de la parole des personnes vivant avec Alzheimer, afin de permettre des solutions et des réponses sociales différentes de celles proposées par le modèle médical, majoritairement caractérisé par une vision déficitaire de la maladie (Rigaux, 1998). Ces groupes tendent à contrer les représentations négatives (Carbonnelle, Casini, Klein, 2009) et discréditantes (Brossard, 2017) de la maladie, et cherchent à faire valoir leur expertise d’expérience (Akrich, Rabeharisoa, 2012) au service de l’aménagement de leur environnement (Zask, 2011), direct ou élargi, afin de contribuer à la réponse sociale faite à la maladie. Il ne s’intéresse donc pas spécifiquement à la vieillesse en tant que catégorie d’âge, mais à des troubles qu’on lui associe et qui peuvent survenir très tôt dans le parcours de vie**. Il est à noter que ces réunions se déroulent toutes hors-institutions et les profils présents ne sont donc pas ceux de personnes isolées en MRS, mais plutôt des individus se trouvant encore dans la société, quoiqu’en dehors de la vie professionnelle et expérimentant déjà les conséquences désocialisantes de la maladie d’Alzheimer. 

 

Dans un premier temps, il introduira la démarche dementia-friendly et ses présupposés philosophiques qui s’opposent à une vision déficitaire de la maladie. Ensuite, il explicitera brièvement le cadre conceptuel politique qui lui permet d’aborder ces rencontres comme un processus participatif, pour ensuite présenter les groupes observés, leurs revendications et leurs modes de fonctionnement. Il tentera de mettre en lumière les mécanismes interactionnels au cœur de la mise en place d’un cadre dementia-friendly et ce qu’ils peuvent nous apprendre sur nos processus participatifs de manière plus large, en proposant une forme d’ethnographie de la participation en train de se faire (Cefaï, Carrel, Talpin, Eliasoph, Lichterman, 2012 ; Berger, 2018) ainsi qu’en tentant de voir, de manière plus méso-sociologique, comment ces rencontres permettent ou non à ces individus de demeurer des acteurs qui prennent part (Zask, 2011). 

 

 

* A noter qu'à chaque fois que le terme Alzheimer est utilisé ensuite, il inclut les démences apparentées. Il est intéressant de noter qu’en Angleterre, c’est le terme dementia qui est retenu de manière plus large, la maladie d’Alzheimer n’étant qu’une forme de démence parmi d’autres.

** Les personnes rejoignant ces groupes sont souvent des patients « jeunes » c’est-à-dire au début de la maladie. Certains groupes visent par exemple des personnes de moins de 65 ans, même si en pratique des personnes plus âgées s’y retrouvent. 


Arrière-grands-parents : un nouveau rôle familial à l'âge avancé ?

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Veronika KUSHTANINA, sociologue

LASA-UBFC, Université de Franche-Comté, Besançon

 

Discutante : Marie-Thérèse CASMAN, sociologue, ULiège

 

Mardi 10 mars 2020 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Entrée libre

 

 

Résumé

 

Si quasiment une famille française sur 4 est constituée d’au moins 4 générations, on sait peu sur les liens entre la génération des aîné-e-s et la plus jeune. Dans les années 1990, les chercheurs observaient une absence de rôle spécifique des arrière-grands-parents due à un « écart d’âge extrême » (Cherlin, Furstenberg, 1992, p. 92) et accentuée par le fait que la place de grands-parents soit déjà occupée par leurs enfants (Attias-Donfut, Segalen, 1997).

Dans un contexte démographique (allongement de l’espérance de vie) et social (recul de l’âge de la retraite) changé, ma recherche exploratoire vise à comprendre la place des arrière-grands-parents à travers deux dimensions – la fréquence des contacts et les liens subjectifs. La figure distante (peu fréquentée et peu significative pour la plus jeune génération) s’oppose ici à une figure d’affection et de proximité. Les effets structurels (notamment l’indisponibilité de la génération des grands-parents), les effets croisés des âges d’accès au statut d’arrière-grand-parent avec le genre et le milieu social sont mobilisés pour comprendre ce clivage. Enfin, j’analyse comment «l’épreuve du grand âge » (Cadarec, 2009) intervient dans les relations des arrière-grands-parents avec les arrière-petits-enfants.

 

 


La retraite : une cause d'engagement ?

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PLV13 - 20 02 10 - Lambelet
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Alexandre LAMBELET, docteur en sciences politiques

Réseau AVIF, Haute Ecole de Travail social et de la Santé, Lausanne

 

Discutant : Esteban MARTINEZ, sociologue, METICES, ULB

 

Lundi 10 février 2020 de 12 à 14 heures 

Institut de Sociologie ULB, Avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles

Salle Janne (15ème étage)

Plan d'accès

 

Une séance coorganisée avec le centre METICES, ULB

 

Entrée libre

 

 

Résumé

 

Des retraitées et des retraités, réunis en différentes organisations de défense de leurs intérêts, se manifestent régulièrement dans l’espace public : ils s’adressent aux pouvoirs publics, participent à des manifestations ou mettent sur pied ou soutiennent des comités référendaires. Ils organisent aussi différentes activités de loisirs à l’intention de leurs membres.  Qui sont ces retraitées et ces retraités qui s’engagent dans ces organisations et que défendent-ils ? Dans une perspective de sociologie du militantisme et des mobilisations, sur la base d’un travail d’archive, d’entretiens avec des militant-e-s, et d’observations menées auprès de telles organisations en Suisse, cette présentation visera à mettre au jour la réalité d’un développement associatif particulier, qui questionne la place que les retraité.e.s peuvent et veulent occuper dans la société.